Assemblée générale 2014 : rapport moral.

Publié le par addult

En attendant le rapport d'activité et les projets 2015, voici le rapport moral du président de l'association.

"2014, encore une année qui fera date dans la vie d’ADDULT : nous achevons notre premier quinquennat. Cela permet un regard rétrospectif qui nous fait mesurer le chemin accompli vers l’inscription d’ADDULT dans le paysage trélazéen. Cela est indubitablement dû à une équipe déterminée et stable : une quarantaine d’adhérents, en ce temps de crise du monde associatif, est appréciable. Une équipe qui met en œuvre des actions innovantes, qui s’engage dans des instances qui œuvrent à la transition énergétique comme l’ALEC, qui prend position sur des dossiers intéressant notre Ville, qui élabore des partenariats, qui propose des rencontres dont le succès est au diapason des personnalités découvertes, je pense à Pierre Rabhi.

Bilan d’autant plus encourageant, qu’il est semé d’embûches. Nous sommes encore loin de l’obligation politique qui devrait être fondée sur la participation de tous à la délibération et à la prise de décision. Pour preuve les tergiversations, qui en deviennent tragi-comiques, de la mise en place de commissions extra-municipales. Pourtant ce ne serait qu’une première étape vers la récusation de certains modèles actuellement en plein essoufflement, comme la démocratie représentative, où un petit nombre s’arroge le droit de décider au nom de tous.

Nous nous sommes souvent fait l’écho ici d’une myriade d’initiatives locales qui préfèrent le « mieux » au « plus » et qui sèment les graines de ce qui pourrait être une société « post-croissance » en revitalisant non seulement les questions de l’écologie mais aussi celles de la démocratie et de la politique. Nous pouvons évoquer d’autres phénomènes : en 2011, en Italie, les ventes de bicyclettes neuves ont dépassé celles des voitures neuves ; aux USA, la proportion des titulaires du permis de conduire parmi les 16-20 ans a chuté de 30% entre 1998 et 2008. Autant de signes qui pourraient nous faire penser que nous sommes en marche vers la transition écologique que nous souhaitons. Ne nous berçons pas d’illusions ; restons vigilants. Les acteurs de ces initiatives, soit n’en sont pas toujours conscients, soit ne les développe qu’en vue d’une juteuse course aux subventions. Ces phénomènes ne sont peut-être également qu’une simple logique de consommation anticrise. Mais il y a plus consternant : les politiques nationales ne s’y sont pas encore mises sérieusement, obnubilées qu’elles sont à réanimer un système ; jugé par elles indépassable, mais rongé par l’horreur économique de ces cinq dernières années ; en le gavant d’austérité.

Ces précautions étant prises, il est néanmoins indiscutable que la transition écologique est engagée, mais elle se fait par le bas, loin des responsables qui cultivent le déni et qui ont enterré, il y a belle lurette, le « gouverner, c’est prévoir » de Mendès-France. De ce fait, encore un bémol, elle peut manquer de visibilité, de cohérence et prendra plus de temps. Alors pour que ces petits bouts d’utopie ne restent pas à l’état de puzzle éclaté, notre défi sera de rassembler ces expériences pour passer à une autre échelle afin d’infléchir le système politique institutionnel. Toutes ces initiatives sont articulées par des valeurs de partage, de coopération, de volonté pour faire de la société un bien commun essentiel. Elles proposent donc un principe politique fondamentalement contestataire face au système de concurrence généralisée et d’appropriation du monde.

Alors, pour que ces valeurs inventent une alternative, nous resterons des « lanceurs d’avenir », encore mobilisés au moins un autre quinquennat pour en faire la grande idée du 21ème siècle en veillant à ce qu’elle ne soit pas récupérée par des stratégies entrepreneuriales lui retirant tout son sens global et tout son potentiel critique."

Michel Galisson, Président.

Publié dans petit rapporteur, Agenda

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