AG 2015, rapport moral

Publié le par addult

AG 2015, rapport moral

Ce ne sont pas les acteurs qui s’affrontaient il y a encore quelques semaines sur les terrains de la coupe du monde de rugby qui nous démentiront : le plus dur est de transformer l’essai. L’an passé nous affirmions qu’ADDULT avait franchi un cap, eh bien, il a été maintenu voire dépassé. Aujourd’hui, c’est une cinquantaine d’adhérents qui fait vivre notre association. C’est remarquable dans ces moments de crise du monde associatif,

Mais il ne faut pas s’arrêter à de simples considérations quantitatives.

Alors que l’or noir va se faire de plus en plus rare, les idées, elles, ne manquent pas pour dépasser le modèle productiviste, le même depuis l’après-guerre, qui est inapte à aborder la révolution écologique. Les années précédentes, nous avons mis en lumière de nombreuses initiatives. Un seul exemple cette année : des citoyens ont obtenu une modification du droit à l’urbanisme qui permet à chacun de produire dans son jardin et de vendre une partie de sa production ; et la création d’une forêt-jardin collective produisant fruits, légumes, bois, etc. Cela se passe, non pas à la Quantinière !, mais à Seattle aux USA.

C’est dans cette orientation qu’ADDULT inscrit ses actions. Sans toutes les citer puisque le rapport d’activités le fera de façon exhaustive, relevons néanmoins nos projets qui perdurent et en engendrent d’autres (le partage de jardins et le réseau de la graine), notre élection à des instances qui œuvrent à la transition énergétique (ALEC), l’organisation de soirées d’information qui connaissent de belles affluences avec cette année une première participation au festival Alimenterre.

Maintenant, tempérerons un peu notre enthousiasme. Oui, face aux enjeux mondiaux, ces initiatives, aussi innovantes, créatives, collaboratives soient-elles, nous ne pouvons nous satisfaire d’expériences locales si nous voulons réussir la transition écologique. Cette révolution silencieuse en marche ne triomphera pas sans les politiques.

Alors là, la désolation risque de nous gagner tant les différentes options vont à contre-courant des nôtres. Nous devons subir les discours verdâtres de nos politiques mollassons qui ménagent la chèvre financière et le chou durable. Puis ceux qui veulent concilier un juste milieu qui ne fera que retarder l’effondrement. Enfin, ceux, shootés à la croissance carbonée, qui s’agrippent désespérément aux branches d’un système qui a fait la preuve de ses nombreuses nuisances : réchauffement climatique, épuisement des écosystèmes, crises sanitaires multiples, privatisation du vivant, inégalités sociales qui s’accroissent, évasion fiscale essoufflement démocratique …

Et cela, nous pouvons le constater à tous les niveaux. International : Barack Obama, fin août, en visite en Alaska déplore avec des trémolos que « le climat change plus rapidement que nos efforts pour y répondre ». Le lendemain, il autorise les forages pétroliers au large de ce même État. Ironie de l’histoire, les prix bas du pétrole rendant l’exploitation non rentable, les pétroliers ont abandonné… pour l’instant ! National : le Grenelle de l’environnement, présenté comme un modèle insurpassable, affichait en 2008 un objectif de réduction de 50% des produits phytosanitaires en agriculture d’ici 2018. Échec là encore. Loin de diminuer, ils ont crû de 10% entre 2009 et 2013. Terminons par le niveau local. Ici, entre autres, avec le cèdre de Beaumanoir, le baromètre du Développement Durable, la commission extra-municipale sur les déplacements doux quasi coquille vide, on peut dire que le réflexe pavlovien de botter en touche est devenu un art majeur, au point que Guy Novès va pouvoir compter sur eux pour relancer l’équipe de France de rugby !

Malgré tout cela, et même si les rapports de force restent asymétriques, ADDULT ne sera qu’encore plus déterminée à repenser un autre modèle de société pour promouvoir l’amélioration de nos conditions de vie. Gardons à l’esprit que la découverte des tricheries et des mensonges de Wolksagen est le fait du travail d’une petite ONG américaine (ICCT). Rêvons encore plus loin : que la société civile puisse se faire entendre et faire plier une collectivité territoriale qui n’honore pas sa parole en matière environnementale. Eh bien, ce n’est plus une utopie. En juin dernier, Urgenda, ONG d’Amsterdam, a fait condamner l’État néerlandais pour non-respect de ses engagements climatiques.

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