Le tant attendu rapport moral AG 2017

Publié le par addult

AG ADDULT 2017 : rapport moral

Dans son dernier ouvrage, « La France et la nature. Pourquoi si peu d’amour », l’historienne de l’environnement, Valérie Chansigaud, constate que, comparée à d’autres pays, l’insensibilité à la nature et à sa protection est en France une histoire ancienne. Cette analyse ramenée à l’échelle de notre commune est aussi difficilement contestable.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Depuis une quarantaine d’années, la société française n’a plus de projet politique. Or une société ne peut vivre sans un grand récit qui rappelle à ceux qui la composent pourquoi ils vivent ensemble et quel monde ils souhaitent transmettre à leurs enfants. La France est orpheline d’une vision. C’est pendant toutes ces années qu’ont germé les problèmes qui nous assaillent : raréfaction des ressources naturelles, augmentation des dettes publiques et privées, mise en place des marchés financiers dérégulés, cela entrainant une montée des inégalités. Et nous savons que plus les sociétés sont inégalitaires, plus elles sont violentes.

Tant qu’on n’aura pas pris conscience que la protection de la nature est un projet politique, il sera difficile de contrecarrer cette spirale inquiétante.

L’an passé, déjà, nous ne nous bercions pas d’illusions et ce malgré les échéances électorales qui se profilaient. Donc, six mois après les scrutins présidentiel et législatif, sans évoquer les 15000 scientifiques qui ont signé une alerte solennelle sur l’état de la planète, dans les mêmes temps, on « fêtait » le 25 octobre dernier, les 10 ans du Grenelle de l’environnement. Rappelons ce simple fait : le plan EcoPhyto adopté en 2008 qui prévoyait une réduction de 50% de l’utilisation des pesticides en 10 ans. Or l’échec est total puisque la consommation des pesticides n’a cessé de croître. Sans multiplier les exemples, on peut dire que tout est l’avenant : bla-bla, enfumage, mascarade, promesses trahies.

Dans ce contexte et malgré une baisse de nos adhérents, le fait d’avoir maintenu notre niveau d’activité est non seulement louable mais relèverait presque de l’utopie.

Clin d’œil à Thomas More qui il y a 500 ans publiait « Utopia ». Nous concernant, s’abstraire de rêver d’un autre monde n’est pas dans notre ADN et à rebours du désenchantement ambiant, nous sommes plus que jamais mobilisés pour ouvrir une brèche dans ce paysage désolé. Cette voie nouvelle a un nom : transition écologique. Elle n’est plus une option mais une nécessité. Le temps n’est plus aux tergiversations mais aux décisions claires et tranchées pour bâtir une nouvelle société. Nous l’espérons…

 

Publié dans Politique & écologie

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